L'épandage des boues d'épuration
en parcelles boisées
L'expérience du SIAAP avec les boues de Seine aval
Dans le cadre des réflexions sur la diversification des débouchés des boues
produites par l’usine de Seine aval, le SIAAP s'est intéressé, à titre
expérimental, à la valorisation agronomique en forêt.
C'est ainsi que, depuis 2004, avec la collaboration de SEDE Environnement et
de l'Institut du Développement Forestier, le SIAAP mène deux expérimentations
qui devraient se poursuivre jusqu'en 2010.
Epandage et cultures sylvicoles
Ces essais ont pour objectif d'évaluer l'impact environnemental de
l'épandage des boues, et de vérifier son intérêt pour les
cultures sylvicoles tant au plan agronomique qu'au plan économique.
Intérêt agro-économique
Les apports augmentent-ils significativement la production et/ou la qualité des
produits forestiers ? Existe-t-il des gains de croissance ? Représentent-ils une
plus value financière compte tenu d'autres contraintes d'exploitation
éventuelles ?
Impacts sur le milieu
A dose agronomique, observe-ton une évolution significative des caractéristiques
chimiques des sols, et en particulier des teneurs en Eléments Traces Métalliques
(ETM) ? Quel transfert des ETM du sol vers la plante ?
Des sites choisis
pour leur contraste
Deux sites d'essais ont été retenus pour leurs caractéristiques pédoclimatiques
bien distinctes :
Site de Chevrières (60)
Sol alluvial calcaire, limono-sableux sur sables grossiers, de bonne fertilité.
Le matériel végétal étudié est le peuplier
(cultivar Koster).
Site de Poigny (78)
Sol podzolique sablolimoneux acide et peu fertile.
Le matériel végétal étudié est le pin Laricio.
Les boues de Seine aval utilisées sous
deux formes
Issues du traitement des eaux usées de l'agglomération parisienne, les boues de
Seine aval sont préalablement digérées par méthanisation et subissent un
conditionnement thermique avant d'être déshydratées par filtre presse.
Hygiénisées et pelletables, elles sont testées sur le site de Chevrières.
Le compost de boues de Seine aval, obtenu suite à un traitement
supplémentaire par compostage en mélange avec des déchets verts, est
testé sur le site de Poigny. L'intérêt agronomique de ces deux produits
résiduaires se base essentiellement sur le Phosphore, le
Calcium et la Matière Organique.
Protocole d'essai
Le protocole expérimental s'inspire du document élaboré par le Comité Boues et
Forêts (J.M. CARNUS, INRA-2002). Le principe de l'expérimentation consiste en un
épandage de boues avant l'implantation de jeunes pousses d'arbre et un
suivi de la qualité du sol forestier, des eaux souterraines, de la végétation et
des plantations. Sur chacun des deux sites d'essais, trois traitements
différents sont étudiés : pas d'apport (témoin), dose simple et dose
multiple. Trois répétitions sont menées, élevant le nombre
Un suivi expérimental complet
sur 6 ans
Faisant suite à une caractérisation initiale du sol, les épandages et les
plantations d'arbres ont eu lieu entre décembre 2004 et mars 2005.
Le matériel de suivi des eaux (tensiomètres, bougies poreuses et piézomètres) a
été installé à la fin 2005. Depuis 2006, un suivi est mené et continuera jusqu'à
2010, ce qui permettra d'évaluer le réel impact sur les plantations forestières.
Une première année de suivi en 2006 indique, aux niveaux d'apports considérés et
sous réserve de confirmation des résultats définitifs des tests en cours, que
l'épandage induit des transformations faibles mais mesurables sur la chimie du
milieu. Le suivi expérimental se poursuit en 2007 avec notamment les
premiers suivis des plantations.
Cette expérimentation a récemment intégré le réseau national ERESFOR,
animé par l'INRA de Bordeaux. L'objectif de ce réseau est d'acquérir et
mutualiser les connaissances concernant les impacts de l'épandage de boues en
milieu forestier, et favoriser ainsi la parution d'un arrêté
d'application au décret du 8 décembre 1997.
Suivi des ETM
Les teneurs en ETM dans les sols, dans la
solution des sols, dans les eaux de nappe ainsi que dans les feuilles des
plantations et dans la végétation accompagnatrice sont régulièrement analysées,
ce qui permettra à terme de déterminer l'intensité de leurs transferts entre les
différents compartiments du milieu.
Suivi du développement des plantations
Les plantations forestières sont
régulièrement suivies au niveau de leur état nutritionnel par diagnostic
foliaire et au niveau de leur développement par un suivi dendrométrique
(hauteur-diamètre).
Cette partie du suivi est complétée par l'étude de la végétation accompagnatrice
et concurrente des plantations.
Pour plus d'informations :
http://fertifondp.siaap.fr
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